Serbie : Renforcement de l'employabilité de la jeunesse Rom à Belgrade

Contexte socio-économique à Belgrade

En Serbie, les turbulences politiques affectent négativement la plupart des services, et notamment les services sociaux. Le taux officiel de chômage est de 14,7 %, les salaires très bas (le salaire moyen est de 300 € par mois), de mêmes que les aides sociales en général. Le nombre d'enfants des rues à Belgrade demeure inconnu. La majorité de ces enfants résident dans des bidonvilles avec leurs familles, on en compte 27 à Belgrade. Ces familles, ne possédant pas de justificatifs de domiciles, se voient refuser l'accès aux services de base que fournissent les autorités locales, comme l'assurance maladie, l'éducation et les services d'aide à l'emploi. 

Un refuge pour les enfants : le programme "Drop-in-Shelter"

En 2007, le CIM lançait un programme de centres d’accueil à destination des enfants des rues (en dessous de 15 ans) pour que ceux-ci puissent bénéficier d'un environnement sain et propice à leur développement. Dans ces deux centres, les enfants peuvent participer à des activités culturelles et sportives, ainsi que recevoir un soutien scolaire. L’équipe de professionnels du centre d’accueil comprend des travailleurs sociaux, des pédagogues, une infirmière, des psychologues et un avocat, qui travaillent avec les enfants mais aussi avec leurs parents afin d'améliorer la situation de chaque famille. En effet, cette équipe a pour mission commune de fournir un soutien permanent à tous les bénéficiaires du refuge en respectant l’intérêt supérieur de l’enfant. Cependant, passé l'âge de 15 ans, les jeunes sont de nouveaux livrés à eux-mêmes : cette situation est inacceptable.

Une solution pour la suite : le programme d'emploi

Afin de pallier cette situation, le CIM a mis en place le programme de renforcement de l'employabilité des jeunes Roms. Ainsi, le projet du CIM en partenariat avec le Secours populaire vise à faciliter le processus d'insertion de ces jeunes. Pour ce faire, plusieurs actions sont mises en place : tout d'abord, une partie importante de sensibilisation des familles est organisée sur place via des visites dans les bidonvilles Roms, afin que ceux-ci puissent être conscients des opportunités de changements qui s'ouvrent à eux. Ensuite, des ateliers sont dirigés au sein des refuges pour préparer les jeunes au programme d'emploi : ces ateliers ont pour but de pallier les lacunes dues à une scolarité souvent rendue difficile par les circonstances, avec des approfondissements en anglais et informatique, ainsi que de faciliter leur capacité à s'exprimer, à se comporter au sein d'un groupe, etc. En parallèle, les jeunes bénéficieront d'un accompagnement dans leurs démarches administratives pour obtenir un état civil. Dans un second temps, les jeunes recevront une formation professionnelle dans le secteur de la restauration apportée par une entreprise de restauration et suivront des stages dans les bars partenaires du CIM et au sein du Café Bar 16.

Une entreprise sociale : le Café Bar 16

Afin de continuer à accompagner les jeunes devenus trop grands pour bénéficier du centre d’accueil, et dans le but de pouvoir leur apporter une formation professionnelle, le CIM a créé une entreprise sociale : le Café Bar 16, ouvert au public. Celui-ci sera pour ces jeunes le cadre et lieu de formations et de stages professionnalisants dans le secteur de la restauration. De plus, il permettra d’offrir aux anciens bénéficiaires du Drop in Shelter l'opportunité d'une inclusion sociale, une chance d’interaction avec une population plus diversifiée, et l’accès à un marché du travail plus large. Ils pourront aussi nouer des contacts avec des partenaires tels que d’autres entreprises sociales, des organisations non gouvernementales, une communauté de donateurs, des entreprises et des particuliers.

 

Budget total du projet : 92 290 € dont la participation de la Fédération de Paris du Secours populaire et des Jeunes solidaires : 17 000 €