Mauritanie : Installation de moulins à grains

Dans ces villages, ce sont les femmes qui s’occupent des travaux ménagers, de la recherche du bois et des corvées d’eau. Elles sont également chargées de piler les graines de riz, blé, maïs et mil, pour en faire de la farine qui servira à préparer les repas ou parfois des plats destinés à la vente. 

La scolarisation des filles est freinée par les travaux ménagers : ce sont elles qui prennent en charge le pilage des graines avec des mortiers sous la supervision de leurs mères. Cette activité longue et pénible leur prend beaucoup de temps et il est courant que des mères refusent que leurs filles aillent à l’école dans le seul but de les aider dans cette tâche.

Femmes pilant le mil en Mauritanie

Le pilage du mil en Mauritanie

Femmes des adouabas collectant de l'eau

Femmes des adouabas collectant de l'eau

L'ONG El Karamat, notre partenaire local, a eu l'idée d'installer des moulins à grains dans les adouabas pour soulager ces femmes. Ces moulins prendront alors leur relai dans le pilage des graines, permettant de moudre plus rapidement et de plus grandes quantités.

Ainsi, les filles auront accès à une éducation indispensable et les femmes seront en mesure d'augmenter les revenus de toute la famille en vendant le surplus de farine.

Femmes et enfants des adouabas

Femmes et enfants des adouabas

Le Secours populaire français a déjà collaboré de nombreuses fois avec cette ONG, tant au niveau national qu’au niveau de la Fédération de Paris, notamment dans le cadre du projet de lutte contre les mutilations génitales féminines et les mariages précoces, bientôt achevé.

Les moulins seront la propriété de la communauté et placés sous la supervision de comités de gestion constitués d’habitants des villages qui seront formés avec l’aide du partenaire local. Les meuniers et leurs assistants bénéficieront également d’une formation pour l’utilisation des moulins et leur entretien.

Le coût d’utilisation des moulins par les villageois leur reviendra de 20 à 30 UM (en ouguiyas, monnaie mauritanienne) soit de 0,05 à 0,07 euros par kilo de graines moulues. C’est en raison de cette tarification modeste que beaucoup de personnes sont prêtes à payer une activité qui était jusqu’ici « gratuite » mais très lourde en temps et en fatigue.

Femmes des adouabas

Femmes des adouabas

Les populations des villages alentour profiteront aussi de ces installations. Les bénéfices mensuels estimés pour chaque moulin sont de 243 000 ouguiyas soit environ 600 euros par moulin, des sommes importantes qui permettront aux populations d’améliorer leurs conditions de vie de manière significative.

Un bilan très positif

En ce début d'année 2015, les quatre moulins à grains ont été installés avec succès dans les maisonnettes et les villageois des adouabas ont pu commencer à profiter des machines. Les formations des meuniers et des comités de gestion se sont déroulés durant le mois de février 2015 et les habitants des villages, très impliqués dans ce projet, ont également pu y assister afin d'apprendre à utiliser au mieux ces moulins qui vont permettre d'améliorer leurs conditions de vie, soulager les femmes et encourager la scolarisation des filles.