Parfait, 51 ans, Côte-d’Ivoire

Parfait, 51 ans, Côte-d’Ivoire

Parfait, 51 ans, Côte-d’Ivoire

Je ne suis pas devenu bénévole sur un coup de tête !

Depuis 1977 je travaille dans l’humanitaire dans mon pays en Côte-d’Ivoire. J’ai connu le Secours populaire dans le cadre de mon activité. J’étais en contact avec une personne qui s’occupait du pôle Afrique au siège national du Secours populaire. On réalisait des échanges, on faisait venir des enfants ivoiriens en France. C’est à cette occasion que je suis venu les premières fois en France.

En 2012, je suis revenu en France suite à des problèmes politiques dans mon pays. J’ai revu mon ami du Secours populaire. Comme je voulais être bénévole, il m’a orienté vers la Fédération de Paris du Secours populaire, passage Ramey, qui en cherchait. J’ai assisté à une réunion d’information et j’ai ensuite été contacté pour devenir bénévole.

Au début j’aidais à la domiciliation. Après plusieurs semaines, en échangeant avec Thierry, bénévole, j’ai appris que je pouvais aussi bénéficier de l’aide alimentaire ou vestimentaire si j’en avais besoin.

Je trouve que la domiciliation est une grande porte d’entrée au Secours populaire. Pour moi c’est l’idéal de pouvoir orienter les bénéficiaires. Comme je connais déjà le Secours populaire, je peux leur apporter.

Je suis bénévole pour donner de mon temps. Je prends le temps d’écouter les gens. Je veux m’investir totalement. Je peux apporter quelque chose sans attendre quoi que ce soit en retour. Je suis des bras en plus.

Ma procédure de régularisation est en cours, mais quoi qu’il arrive je veux continuer à m’investir dans tous les secteurs du Secours populaire (maraude, etc.). Actuellement je viens deux jours par semaine.

Beaucoup ne voient pas vraiment les choses. Le Secours populaire c’est l’humain en premier, c’est vraiment fort, c’est sauver des vies. Quand vous voyez tous ceux qui sont assis à l’accueil de jour, être au chaud avec un café, quelque part ça les apaise.

Quand j’observe les autres j’ai beaucoup de tristesse, car je sens leur situation et comment ils vivent. Je me mets à leur place. Leurs difficultés les accablent au point qu’ils sont déshumanisés. Parfois, ils sont en colère. À nous de faire face et d’avoir plus de hauteur pour ne pas répondre aussi par la colère.

Moi, je suis libre dans ma tête. Je ne fais pas de calcul pour savoir où je dors la nuit prochaine. Les gens dans la rue n’ont pas le temps de penser à leur situation. En venant ici, ils peuvent réfléchir tranquillement, respirer un peu et penser à une solution pour la nuit à venir. On ne l’explique pas, on le vit.

Le Secours pop ce n’est pas du tout la charité. On n’est pas juste des bénéficiaires, c’est comme la famille, c’est un échange. Quand on me voit dans la rue on me salue, ça veut dire qu’il y a un lien, une certaine reconnaissance.