L'avenir de l'aide alimentaire en discussion à Paris

21 novembre 2017
Présentation du libre-service de Paris au FEAD

Présentation du libre-service de Paris au FEAD

C’est une quinzaine de représentants d’ONG et d’administrations provenant d’Italie, de Suède, de Malte et de Finlande qui se sont rendu dans la structure rue Montcalm, pour une visite du libre-service. Cette mini « superette » à destination des bénéficiaires du Secours populaire est en partie alimentée par le FEAD qui permet à de nombreuses familles d’avoir accès à une aide alimentaire via le Secours populaire. Boites de conserves, briques de lait, fruits et légumes ou produits pour bébés sont autant de produits qui y sont proposés.

Benjamin, le responsable du service, s’est munit d’un chariot pour faire une démonstration du circuit qu’effectuent les bénéficiaires :

« Les quantités données sont en rapport avec le nombre de personnes dans la famille. C’est fixé. En revanche, les personnes choisissent un peu plus de poisson, ou alors un peu moins de viande, par exemple », explique Benjamin. Elles composent elles-mêmes leurs menus.

BEAUCOUP DE QUESTIONS

Cette rencontre a permis de nombreux échanges entre les représentants des autres structures européennes. Les responsables comparent volontiers leur organisation et leurs pratiques.

Présentation de l'activité du libre-service alimentaire auprès du FEAD

Présentation de l'activité du libre-service alimentaire auprès du FEAD

Je constate que les produits obtenus par le FEAD sont importants en France aussi. Chez moi, à Lublin, l’une des villes les plus pauvres de Pologne, c’est aussi le cas : sans eux nous ne pourrions pas donner autant aux 1 500 personnes que nous aidons », raconte Marzena Pienkosz-Sapieha, qui dirige la banque alimentaire de Lublin.

La veille, 90 membres de la FEAD se sont réuni afin d’aborder l’avenir de la plateforme. En effet, le montant de l’enveloppe budgétaire pour la période 2021-2027, doit être prochainement discuté par les états européens. Le Secours populaire français ainsi que les trois autres associations bénéficiaires d’aide alimentaire ont fait part d’une position commune :

« Le Fonds européen d’aide aux plus démunis est absolument indispensable à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion en Europe. Nous en appelons à une mobilisation de tous pour qu’il puisse être pérennisé et augmenté après 2020. » 

LA SOLIDARITÉ A L’HONNEUR AVEC LES ACTEURS DU FEAD

Le Fond Européens d’Aide aux plus Démunis est un dispositif de solidarité mis en place au niveau de l’Union européenne. Selon les états membres, il  apporte une aide, alimentaire, matérielle ou soutient des personnes en situation de pauvreté. En France, ce sont les actions d’aide alimentaire que le FEAD soutient. Il fournit 30 denrées (céréales, produits laitiers et conserves) aux quatre associations de solidarité agrées qui distribuent de l’aide alimentaire (Secours populaire, Banques alimentaires, Resto du Cœur, Croix-Rouge). C’est associations soutiennent 4 millions de personnes. De plus, en 2016 le SPF a reçu pas moins d’1,8 million de personnes dans ses libres-services alimentaires. Au sein de ces structures, 40% de la nourriture distribuée provient du FEAD.

Les quatre associations bénéficiant du FEAD

Les quatre associations bénéficiant du FEAD

Dans toute l’Europe, ce sont 120 millions de personnes qui sont touchées par la pauvreté, les privations et la précarisation de l’emploi. Dans ce cadre, l’aide du FEAD est indispensable afin de continuer à accueillir les personnes victime de la précarité de façon inconditionnelle et d’amorcer par la suite un accompagnement plus durable vers l’accès aux droits, à la culture, aux vacances etc…

Le FEAD représente 1 % des fonds dédiés à la politique de cohésion de l’Union européenne.

« Il constitue pourtant la réponse essentielle aux situations de grande pauvreté pour l’ensemble de l’Union Européenne. C’est pourquoi, à travers les rencontres entre membres de la Plateforme FEAD, nous tentons de constituer un réseau européen pour défendre ce mécanisme de solidarité et d’en accroître les moyens pour qu’il réponde encore mieux aux besoins de la population. »

Jean-Louis Durand-Drouhin, responsable du SPF d’Ile-de-France.